Parmi les cinq objets soumis aux
citoyen.ne.s d’ici au 13 juin, deux portent sur l’interdiction de traitements phytosanitaires (pesticides). Si les méfaits de maints de ces produits ne sont plus à démontrer, le traitement que le cumul de ces deux initiatives exigent représente une menace directe pour l’avenir de nos producteur.trice.s nourrricier.cière.s de proximité, comme en témoigne leur forte mobilisation pour un double NON.
En effet, les 3% de cultivateur.trice.s, suant courageusement pour assurer les 55% de notre auto-approvisionnement, sont déjà l’objet d’une cascade de contraintes. Celles-ci vont de ce qui, à mes yeux, peut s’apparenter au «racket», vu les prix qu’impose(nt) le duopole MIGROS/COOP (pointant respectivement aux 40e et 46e rangs mondiaux des entreprises de distribution, avec 22 et 20 milliards de ventes!) aux exigences justifiées croissantes de la protection des animaux et de l’environnement, à l’avalanche d’une paperasse tentaculaire, en passant par la concurrence déloyale des importations massives de produits ne correspondant pas aux normes plus sévères qu’ils doivent, eux, déjà respecter (arnaque du Cassis de Dijon: merci Doris Leuthard!).
Face à ce virage, certes nécessaire, fort délicat à négocier, ces 3% méritent donc non notre ingratitude, mais au contraire notre accompagnement, notre soutien par un «traitement» de respect et de reconnaissance pour leur travail vital et pour les efforts d’adaptation déjà
consentis.
Raisons pour lesquelles j’ai voté 2 X NON par solidarité avec celles et ceux qui nous nourrissent et qui, j’ose l’espérer, continueront de nourrir nos enfants et petits-enfants, tant il est vrai que l’indépendance de notre cher pays repose sur deux piliers indissociables: une armée crédible et une agriculture en bonne SANTé!
Frank Paillard,
non affilié à un parti,
Les Charbonnières
Il n’était guère facile d’émettre un avis lucide et pondéré sur une telle problématique.
Exercice pleinement réussi!